Après plus de 50 ans de politiques de coopération, nous pouvons désormais affirmer que le processus de développement d’un peuple est inséparable de la culture de ce dernier. Le succès de toute politique de développement passe par la reconnaissance et la prise en compte des principes de diversité culturelle.
Ces éléments trouvent leur soutien dans les avancées qui se sont produites dans ce domaine sur le plan international ces dernières années. Le Rapport sur le Développement Humain de 2004 du PNUD intitulé La Liberté Culturelle dans un monde diversifié, reconnaît pour la première fois l’incidence sur le développement humain des dimensions culturelles, ainsi que de la diversité culturelle qui caractérise nos sociétés. Le Rapport admet que la démocratie et la croissance équitable ne suffisent pas à atteindre un plein développement, mais que des politiques multiculturelles qui reconnaissent les différences, défendent la diversité et favorisent la liberté culturelle sont nécessaires, afin de permettre à toutes les personnes d’avoir la possibilité de communiquer dans leur propre langue, de pratiquer leur religion et de participer à la formation de leur propre culture.
Le chemin parcouru par les instances internationales en matière de coopération et de diversité culturelle se concrétise à travers de l’adoption à l’UNESCO, en octobre 2005, de la Convention sur la Protection et la Promotion de la Diversité des Expressions Culturelles. Il est affirmé au préambule de cette Convention, de manière explicite, que la diversité culturelle constitue un des principaux moteurs du développement durable des communautés, en soulignant son importance pour la pleine réalisation des droits de l’homme et des libertés fondamentales, proclamées dans la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme. De plus, il convient de rappeler que cette Convention affirme la spécificité des biens et services culturels comme vecteurs d’identité, de valeurs et de sens, plaçant ainsi la culture au centre de tout projet social et politique durable.
Au niveau de l’UE, cette Convention a été négociée dans le cadre d’une étroite coordination communautaire, et a créé des liens qui, ultérieurement, et grâce à l’impulsion décisive d’un grand nombre d’organisations culturelles de la société civile européenne, se sont matérialisés au sein de l’Agenda Européen de la Culture, lancé en 2007. L’Agenda Européen et le travail consécutif de plusieurs Présidences ont établi une première voie à suivre pour promouvoir la diversité culturelle et tirer parti de tout le potentiel qu’offre la culture dans la stimulation de la créativité, du développement économique et de la gouvernance. La Présidence espagnole souhaite contribuer à certains autres objectifs stratégiques de l’Agenda Européen, notamment celui relatif au renforcement de la place de la culture dans les relations extérieures de l’Union, et en particulier dans le cadre de la coopération au développement de la Communauté.
A cette fin - et en s’inscrivant dans la suite du Colloque «Culture et Création, facteurs de développement » organisé par la Commission Européenne et les pays ACP (Afrique, Caraïbes et Pacifique) du mois d'avril 2009, dont le résultat a été l’adoption de la “Déclaration de Bruxelles” -l’Espagne propose d’approfondir la thématique de la coopération culturelle pour le développement de l’UE avec l’organisation d’un Séminaire International à Girona, le 4 et le 5 mai 2010, conjointement avec la Commission Européenne.